Nous avons reçu un message de notre agence.
Un appel pour une femme enceinte de son 3e enfant , à la recherche de parents adoptifs. Le mot de l'agence prévient de la teneur un peu "spéciale" de cette requête. A la lecture du message, nous comprenons rapidement que cette femme est une toxicomane, elle ne sait pas de quelle ethnie sera l'enfant ( père inconnu donc) elle a réagit positif aux derniers tests, n'a pas ou peu de logement , pas d'assurance médicale...
Forcément un cas comme celui ci , vous émeut. Face à une réalité si dure , il est difficile pour nous de garder la tête froide , car notre coeur chavirerait lui, plus facilement... L'attente est si longue , si prenante. Savoir ne pas céder à une tentation trop forte, pour faire face à une décision qui resterait trop lourde de conséquences.
Je pense qu' un cas comme celui ci relève plus du cas " social" que d'un cas auquel nous nous sommes préparés.Ou plus justement , je devrais dire d'un acte social. L'accueil d'un bébé adopté est déjà un acte lourd tout autant dans son acte que dans ses conséquences..; et quand le contexte rajoute une dimension encore plus difficile , là, il faut savoir où sont les limites, ou plutôt où sont nos limites personnelles.Il faut alors regarder nos vies en face , et se demander si l'on est armé pour accueillir un enfant dont le passé avant même de venir au monde est très chargé . Nous savons , en ce qui nous concerne ,que même avec beaucoup d'amour , nous ne voulons pas nous engager dans un acte trop difficile à gérer pour nous.
Ce n'est pas un cas isolé. Je le sais.
Nous adoptons un enfant ; nous ne serons pas un centre d'accueil. Dur à formuler , difficile à se le formuler et pourtant ...